Comment Goldman a relancé la carrière de Céline Dion en France

Est-ce que tu savais que Céline Dion était une artiste ringarde dans les années 90 ?

C’est l’histoire de l’album qui va vraiment faire exploser Céline Dion en France :

D’eux. L’album francophone le plus vendu de l’histoire.

(Avec 12 millions de copies vendus.)

 

Et derrière cet album… il y a un seul auteur-compositeur : Jean-Jacques Goldman.

Il va lui écrire plusieurs énormes tubes, dont Pour que tu m’aimes encore.

 

 

Et le plus étonnant, c’est qu’au départ…

Goldman ne pense même pas que ce sera un tube.

 

La rencontre entre Goldman et Céline Dion

 

On est au début des années 90.

Goldman, à ce moment-là, ça fait déjà dix ans qu’il cartonne en France.

(Avec par exemple il suffira d’un signe, Quand la musique est bonne ou encore un matin).

 

Et il n’écrit pas seulement pour lui.

Johnny Hallyday lui demande de lui écrire son album Gang, avec (entre autres)

Je te promets. L’Envie. Laura.

 

Bref, le mec commence à avoir un petit CV.

 

Et puis Goldman entend parler de Céline Dion

Et craque complètement sur sa voix.

Au point qu’il lui demande à travailler avec elle.

 

Goldman veut écrire pour Céline… mais encore faut-il qu’elle accepte.

Ils se retrouvent au restaurant, et le courant passe bien.

 

À partir de là, Goldman a un léger problème :

il doit écrire un album entier pour Céline Dion, qu’il connaît à peine.

 

 

GOLDMAN écrit les chansons de l’album D’eux

 

L’objectif de Goldman : réussir à écrire des chansons qui ressemblent à Céline.

ET qu’elle pourrait chanter sans avoir l’air de réciter le texte de quelqu’un d’autre.

 

Alors il se renseigne.

Il récupère des interviews de Céline, les regarde, les analyse…

Il cherche sa personnalité, sa façon de parler, son histoire,

Et il finit par écrire 12 chansons sur mesure.

 

 

Goldman enregistre les maquettes de l’album D’eux

 

Mais avant de les présenter à Céline Dion, Goldman veut enregistrer les chansons.

Qu’elle puisse les écouter et se dire : “OK, ça, j’ai envie de le chanter.”

Et pour l’aider à enregistrer l’album.

 

Il enregistre une version minimaliste avec juste 3 instruments :

Une Guitare.

Un Piano.

Une Boîte à rythmes.

 

Et surtout :

Goldman chante lui-même toutes les chansons.

dans la tonalité de Céline Dion.

 

Et c’est clairement très aigu pour lui. Trop aigu ! Même pour lui.

 

 

IL EST PERSUADÉ D’AVOIR DEUX TUBES

 

Et là, Goldman est content.

Parce qu’en écoutant ses douze chansons, il est persuadé d’avoir écrit deux tubes énormes.

 

Alors, selon vous, sur quels morceaux il mise ?

Destin ?

Non.

 

J’irai où tu iras ?

Non.

 

Pour que tu m’aimes encore ?

Même pas.

 

Je sais pas ?

 

Ses deux gros tubes, selon lui, ce sont :

J’attendais.

Et La Mémoire d’Abraham.

 

Vous ne les connaissez pas ?

Voilà.

C’est exactement le problème.

 

Comme quoi, on peut être un des plus grand parolier français et ne pas pouvoir déterminer à l’avance les morceaux qui vont le plus marquer les gens.

 

 

 

IL CHANTE LES 12 CHANSONS DEVANT CÉLINE

 

Maquettes en poche, Goldman retrouve Céline et René Angélil, son mari et producteur, dans un petit studio.

 

il reste le test le plus important : est-ce que Céline va aimer les chansons qu’il vient d’écrire pour elle ?

 

Et là, il ne se contente pas d’appuyer sur Play.

Il met les maquettes, et chante les douze chansons devant eux.

 

Il commence par le morceau Pour que tu m’aimes encore.

À quelques mètres de Céline Dion.

Ambiance petit karaoké tranquille.

 

Goldman termine.

Il lève la tete

Et Céline et René sont émues

 

 

MAINTENANT, IL FAUT FAIRE CHANTER CÉLINE AUTREMENT

 

Goldman a écrit ses 12 chansons, Céline les adore.

Maintenant, il faut les enregistrer.

Direction le studio.

 

Sauf qu’il y a un petit problème : Céline Dion chante comme… Céline Dion.

 

Parce que Céline sait chanter.

Très bien même.

Probablement mieux que Goldman.

 

Mais Céline vient de l’univers nord-américain.

Et là-bas, on aime

La puissance vocale
Les grandes envolées.
La note qui fait trembler les verres dans la cuisine.

 

Et en France, les chanteuses à voix ne sont pas à la mode.

 

 

En plus, selon Goldman, sur une chanson intime comme Pour que tu m’aimes encore…

si tu envoies tout dès la première phrase, t’as plus grand-chose à raconter après.

 

Son idée est donc simple :

au début, Céline doit presque retenir sa voix.

Chanter dans le velours.

Comme si elle enlevait ses chaussures à talons avant d’entrer dans la chanson.

 

Alors, il va la coacher pendant toute la session d’enregistrement.

Entre deux prises, IL PREND sa guitare et accompagne Céline

 

Et ce qui est assez étonnant, c’est que Céline se laisse complètement guider.

On lui dit :

« Imagine que tu tiens un bébé dans tes bras. »

 

Et elle le fait.

Pas de : « Merci Jean-Jacques, mais j’ai déjà vendu quelques disques. »

Elle écoute.
Elle essaye.
Elle recommence.

Alors qu’à ce moment-là, Céline est déjà une sacrée chanteuse.

Et Goldman le sait très bien.

Elle chante depuis l’age de 13 ans. Et elle en a 26 quand elle travaille avec Goldman.

 

Mais surtout, elle apprend à une vitesse hallucinante.

Goldman pense que certaines habitudes vont prendre des mois à changer.

Il lui explique un truc. Céline essaye.

35 secondes plus tard : c’est réglé.

 

 

ET LE MORCEAU SORT

 

Et là… carton absolu.

 

Pour que tu m’aimes encore reste numéro 1 pendant 12 semaines en France.

C’est l’un des morceaux les plus diffusés sur les radios françaises en 1995.

 

Mais le plus dingue, c’est ce qui se passe à l’étranger.

Parce que la chanson est… 100 % en français.

 

Et pourtant :

7e au Royaume-Uni.

6e en Irlande.

3e aux Pays-Bas.

 

Une chanson française qui grimpe dans le Top 10 britannique au milieu des années 90…

C’est pas exactement le chemin le plus facile.

 

Et l’album D’eux finira par dépasser les 12 millions d’exemplaires vendus dans le monde.

C’est l’album francophone le plus vendu de l’histoire.

 

Et leur histoire ne va pas s’arrêter là.

Parce que quelques années plus tard, Goldman revient avec un nouvel album :

S’il suffisait d’aimer

 

Mais ça, c’est une autre histoire

 

 

 

 

 

 

 

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